LFSS 2026
Congé supplémentaire de naissance : les nouvelles règles applicables dès le 1er juillet 2026
La Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) pour 2026 instaure un nouveau dispositif destiné à favoriser l'équilibre entre vie professionnelle et vie familiale : le congé supplémentaire de naissance. Applicable à compter du 1er juillet 2026, ce nouveau droit offre aux parents salariés la possibilité de prolonger leur temps auprès de leur enfant après un congé maternité, paternité ou d’adoption.
Découvrez les principales modalités de ce nouveau congé, les conditions d'indemnisation ainsi que ses impacts en paie et en droit du travail.
Publié le 16.06.2026
Qu'est-ce que le congé supplémentaire de naissance ?
À partir du 1er juillet 2026, les salariés pourront bénéficier d'un congé supplémentaire de naissance à l'issue de leur congé maternité, paternité ou d’adoption.
Ce nouveau congé est ouvert aux parents d'enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2026.
Le salarié pourra choisir entre :
Un congé d'une durée d'un mois ;
Un congé d'une durée de deux mois.
Le dispositif prévoit également la possibilité de fractionner le congé en deux périodes d'un mois chacune.
Important : ce congé doit obligatoirement être pris à temps plein. L'employeur ne peut pas refuser la demande du salarié dès lors que les conditions légales sont respectées.
Quel délai pour prendre le congé supplémentaire de naissance ?
Le congé doit débuter dans les neuf mois suivant la naissance ou l'arrivée de l'enfant au foyer.
En cas de fractionnement, c'est la seconde période de congé qui doit impérativement intervenir dans ce délai de neuf mois.
Certaines situations permettent toutefois une prolongation du délai, notamment lorsque les congés légaux sont eux-mêmes prolongés, comme en cas de naissances multiples.
Cas particulier des naissances intervenues au premier semestre 2026
Pour les enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, le délai de neuf mois commence exceptionnellement à courir à compter du 1er juillet 2026, date d'entrée en vigueur du dispositif.
Comment le salarié doit-il faire sa demande ?
La demande de congé supplémentaire de naissance doit être formalisée auprès de l'employeur :
Par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) ;
Ou par remise en main propre contre récépissé.
Le salarié doit respecter un délai de prévenance :
Un mois avant le départ en congé dans la plupart des cas ;
Quinze jours seulement lorsque le congé est pris immédiatement après un congé paternité ou d’adoption, ou lorsqu'il débute dans le mois suivant la naissance.
La demande doit préciser :
La durée du congé souhaitée ;
Les dates de début et de fin ;
Le cas échéant, les modalités de fractionnement.
Quelle indemnisation pendant le congé supplémentaire de naissance ?
Le congé supplémentaire de naissance est indemnisé par la Sécurité sociale sous forme d'indemnités journalières (IJSS), selon des conditions proches de celles applicables au congé maternité.
Le montant de l'indemnisation est fixé à :
70 % de l'IJSS maternité pendant le premier mois ;
60 % de l'IJSS maternité pendant le second mois.
Aucun maintien légal de salaire n'est prévu à la charge de l'employeur.
Par ailleurs, cette indemnisation n'est pas cumulable avec certaines prestations ou indemnités, notamment :
Le complément de libre choix du mode de garde (CMG) pour le même enfant (sauf exception pour les naissances du premier semestre 2026) ;
L'allocation de présence parentale ;
L'allocation journalière du proche aidant ;
Les autres IJSS versées au titre de la maladie, de la maternité, de la paternité, de l'adoption ou d'un accident du travail et maladie professionnelle.
Quels sont les effets sur le contrat de travail ?
Pendant toute la durée du congé supplémentaire de naissance, le salarié bénéficie de plusieurs garanties.
Il conserve notamment :
- Son ancienneté ;
- Ses droits acquis au Compte Personnel de Formation (CPF) ;
- Les avantages déjà acquis dans l'entreprise.
En revanche, cette période n'ouvre pas droit à l'acquisition de congés payés.
Une protection renforcée contre le licenciement
Le salarié bénéficiant du congé supplémentaire de naissance profite d'une protection particulière contre la rupture de son contrat de travail.
L'employeur ne peut rompre le contrat que dans des situations exceptionnelles :
- En cas de faute grave ;
- Ou en cas d'impossibilité de maintenir le salarié dans l'entreprise pour un motif étranger au congé.
Ce qu'il faut retenir
Le congé supplémentaire de naissance constitue une avancée importante pour les parents salariés à compter du 1er juillet 2026. Avec une durée pouvant atteindre deux mois, une indemnisation par la Sécurité sociale et une protection renforcée du contrat de travail, ce nouveau dispositif vise à favoriser la présence des parents auprès de leur enfant durant les premiers mois suivant sa naissance ou son adoption.
Les employeurs et les services RH ont tout intérêt à anticiper dès maintenant l'intégration de cette nouvelle mesure dans leurs processus administratifs et de paie afin d'assurer sa bonne application.